jeudi 11 octobre 2012

Muffins à la citrouille


L’automne étonne. Il peut nous faire trembler, grelotter, nous ébouriffer de son vent ou nous ensoleiller de vitamine D. Ça sent bon l’automne avec sa fraîche écume de frimas au sol et ses feuilles trempées. On veut s’y promener dans les sentiers de cette saison toute garnie de couleurs et de récoltes.



J’aime aussi particulièrement la décoration d’une table automnale. Des bouquets de fines herbes – qui couronneront en pesto-, un plateau de courges variées, des tiges d’hydrangées du jardin et bien sûr, la citrouille qui nous fait sourire jusqu’à ses derniers retranchements, en potage, en biscuits ou en muffins.

J’ai testé la recette du Dr William Davis, cardiologue, auteur du livre Pourquoi le blé nuit à votre santé, un livre choc qui explique pour quelles raisons de plus en plus de personnes sont intolérantes au blé. L’auteur raconte des histoires de cas surprenantes de patients qui retrouvent la santé sans avoir à subir d’interventions, avec perte de poids, diminution du mauvais cholestérol et de nombreux autres symptômes inflammatoires. Si la lecture de ses découvertes est fascinante, ses recettes gagnent à être corrigées avec l’ingrédient liant qui remplace le gluten pour que le pain « se tienne », soit la gomme de xanthane ou de guar. Vous trouverez cet ingrédients dans les magasins santé.

Voici donc la recette de muffins à la citrouille épicée, sans produit laitier, revue et corrigée.

Ingrédients :

2 tasses (500 ml) d’amandes moulues
1 tasse (250 ml) de noix hachées
¼ tasse de graines de lin moulues + 1c. soupe de chia moulu (facultatif)
¼ t. de farine de noix de coco ou de riz
¾ c. thé de stévia en poudre ou de poudre d’agave
1 c. thé de chacune des épices, moulue : cannelle, piment de la Jamaïque, noix de muscade
1 c. thé de levure chimique ou instantanée
1 c. soupe de gomme de xanthane
Pincée de sel de mer
1 ½  t. de purée de citrouille*
½ t. de lait de coco (ou lait d’amande)
2 gros œufs
¼ t. d’huile de noix de coco fondue ou d’olive

Dans un grand bol, mélanger les ingrédients secs.
Dans un autre bol ou dans le récipient du batteur sur socle, bien mélanger la purée de citrouille, les œufs, le lait de coco et l’huile.
Incorporer les ingrédients secs à l’autre préparation et mélanger jusqu’à ce que la préparation soit homogène.

Déposer la pâte dans les moules à muffins.
Dans un four préchauffé à 350 degrés, cuire environ 1 heure ou jusqu’à ce qu’un cure-dent inséré au centre en ressorte propre.
Laisser refroidir quelques minutes avant de déguster avec un thé, un chocolat chaud ou un espresso. On se pourlèche déjà les babines.

*Après moult essais et une cuisine orange et collante, je me procure désormais de plus petites citrouilles. Elles sont plus faciles à cuisiner, que ce soit pour retirer la purée et aussi parce qu’elles produisent moins de liquides (ce qui risque de rendre la préparation trop humide). Primo, je coupe en deux la citrouille et j’enlève les filaments et graines**. Je dépose les deux moitiés – la peau vers l’extérieur- sur une plaque à biscuits recouverte de papier parchemin. Ensuite, je fais cuire dans un four préchauffé à 350 degrés pendant environ 45 à 60 minutes (selon la grosseur de la chose) jusqu’à ce que la chair soit tendre. Je laisse refroidir. Dernière étape, je retire la chair de la citrouille et la dépose dans un égouttoir pour éliminer le surplus de liquide. Une fois refroidie, je distribue la purée dans différents contenants pour réfrigération ou congélation, histoire d’être prête à cuisiner « citrouille »  pendant toute la saison froide.

**Vous pouvez les nettoyer, les assécher et les enrober d’un peu d’huile et d’épices au goût, ou encore nature, et les faire cuire sur une plaque à biscuits dans un four à 350 degrés pendant environ 15 minutes.



  

jeudi 27 septembre 2012

Quand les voisins débarquent



J’ai toujours cru que j’étais un être sociable, avec un esprit communautaire, dotée d’une tolérance extensible face à certaines habitudes du voisinage. Même si j’ai aussi toujours affichée ma désolation face à l’absence architecturale et écologique du développement d’artères commerciales, aux agglomérations construites à la hâte, effrénées, j’ai persévéré à investir sur le respect de mon environnement et cru au pouvoir du moindre petit geste.

Au moment hautement émotif de la nidification familiale, cherchant un cocon bienveillant pour la progéniture, nous avons choisi de s’installer dans un quartier enfoui sous un dôme d’arbres : érables, chênes et conifères centenaires conféraient une atmosphère protégée des trépidations stressantes de la vie. C’était il y a une dizaine d’années. Ma seule crainte était que mon fils se perde dans le coin «forêt » derrière l’école. C’est pour dire.

Au fur et à mesure de coups de marteaux frappés à l’ère de la construction immobilière, des lots et des lots ont subi la coupe d’arbres pour accueillir de nouvelles maisonnées. Je me disais que ce devait être les dernières des dernières, au risque de perdre le boisé que nous avions tant aimé. Il s’avère possible d'oser défricher jusqu’aux derniers retranchements.

Il y a un mois de cela, des grues de toutes sortes ont débarqué, éventré la forêt restante, et dessiné une allée digne d’une autoroute. On fait place à un nouveau développement. Ne reste que quelques arbres survivants pour agrémenter le décor. Des saccages au nom de l’économiiiiiiiiiiie.



Au même moment de ce deuil domiciliaire, un nouveau voisin s’est installé avec cor et trompette derrière chez-nous, construisant un immense cabanon – on dirait un garage- tout le long de notre terrain,  une vision barbaresque de la vie communautaire. Feu mon territoire protégé, feu mon espace cocooning, fin de la naïveté banlieusarde. Moi qui voyait vert, je vois rouge. Je fulmine.  



L’étau se resserre vers un départ. Cherche coin de campagne à l’abri des bêtises. 


Un ado, des muscles, des protéines


 Nous sommes, familialement parlant,  à composer avec l’adolescence. Un dernier sprint, un dernier soubresaut, une dernière virée. Notre troisième.


Ces temps-ci, le courant musculaire bat son plein, les muscles ont la cote, la virilité négocie avec le duvet. À chaque génération, son style. Le dernier de la tribu, connecté par intraveineuse à son ordi  depuis quelques années, vient de s’infiltrer dans la tendance bodyform.


Deux ou trois soirées par semaine sont consacrées à suer, à expectorer toutes les toxines du corps en hurlant des sons gutturaux avec le taekwondo. Enfin, il bouge. À fond la caisse.


Mais ce n’est pas suffisant. L’intensité s’agrippe aux neurones décisionnels. L’argument est de poids : plusieurs groupes musculaires sont en carence de sollicitations, proclame-t-il. Qu’à cela ne tienne, se dit-on, puisque nous rêvions du jour où les loisirs différeraient du Web. Nous entérinons la demande: l’inscrire au centre d’entraînement, sous le feu des appareils étincelants de promesses.

Une surabondance de produits poudrés avec images de body de fer – ou d’enfer – encercle la piste. Des étalages complets sont présentés afin de contribuer à la réussite du « programme ». Un surplus de protéines est essentiel à son développement, explique l'ado, articles et documentation à l’appui. Un nouveau vocabulaire est désormais introduit en matière de nutrition : protéines, glucides, fibres, minéraux. Celui qui a toujours chipoté devant les plats cuisinés « maison » réclame avec ardeur de la nourriture saine et nutritive, apporte des collations santé, lève le nez sur les croustilles. Il pèse le pour et le contre de ses choix alimentaires… et monte sur la balance de ses gestes. Qui l’eût cru! Un nouveau client pour le Bistro Jasmine.





mardi 21 août 2012

Un fils à Harvard et la maternité en lycra



Mon fils a été admis pour son doctorat en biophysique à l’université Harvard et au MIT (Boston), aussi à Columbia (N-Y) et enfin, à Irvine (Californie). Quand les portes du royaume des études s’ouvrent à toi, c’est que tu es tombé dans la marmite des possibilités. J’avoue qu’il existe des choix plus cruels que d’autres. Harvard a gagné. Il investira énergie, neurones, temps et projets dans l’antre de ce magnifique campus pour les cinq prochaines années.  

C’est à la fois festif, glorieux, magnifique, je sais. Car ce qui est le plus convoité dans le rôle de parent, c’est le legs à livrer dans le sac à dos des enfants, soit une certitude qu’on peut modeler ses rêves, qu’on peut faire avec, et dans le meilleur des cas, les réaliser. Donc, l’envol vient avec le kit.

Je sais, il y a Skype, l’autobus, l’avion, le courriel et tous nos moyens de communication qui nous rendent branchés 24/7. Mais, n’empêche, ça réclame l’extension du cordon de la maternité à chacune des étapes où ils s’éloignent du nid. Cette fois, c’est par de lumineux battements d’ailes et de synapses, par cette vibrante curiosité qui l’a toujours caractérisé, et avec ce regard pétillant qu’il s’installe présentement sur le campus de Harvard.

Avec tout l’amour qui chouchoute, je lui souhaite toute l’expansion et la passion qui s’inscrivent dans une vie qui se déploie avec volupté.

Son appart sur le campus de Harvard

mercredi 15 août 2012

Avec l'été qu'on a eu



Un mois de farniente, de chaleur, de baignade, de tablées dépareillées – chacun des ados ayant un biorythme perso —, d’horaires décousus liés au soleil et à la lune, ou encore à l’intrigue du polar qui me tenait en haleine. Jamais je n’aurais cru que rester chez moi pouvait être digne du concept vacances, mais avec l’été qu’on a eu, ce fût une bénédiction de me vautrer sous les arbres dodus de mon jardin. Côté calore, je suis rassasiée. J’ai fait le plein, le vide, et mon clavier est reposé de mes soubresauts de projets en accordéon. Je le retrouve avec émotion, comme un amoureux au retour d’un voyage en solo.

Je gigote sur ma chaise, explore quelques idées, bafouille quelques mots engourdis, scrute les vestiges glanés avant les vacances, explore un chapitre. Me lève, cuisine un pain, qui lève à son tour. Infuse du thé vert sencha Nagashima, change de vêtement, car le thermomètre s’échauffe au fil de la journée, touille une salade. Je vais faire une marche et savoure à plein le bonheur d’être en vie. Aussi simple que cela, sans raison extravagante. Une délicate liberté de pouvoir écrire, avec ce que tout cela comporte, en étant tout près des miens. Je nous souhaite un bon retour.