jeudi 22 juillet 2010

Aspirateur et twist

C’est une journée parsemée de rendez-vous, entendre aussi l’aspect « rallye » de voiture qui s'ajoute. Ce genre de quotidien me rend habituellement à cran, me sentant bousculée dans la quiétude qu’exige ma période d’écriture, et ce, dans un environnement rangé, net et chaleureux. Entendre que lorsque je manque de temps, on jurerait qu’une tornade a giclé dans ma maison. J’avais le choix : ou bien j’arborais mon enveloppe style Twilight, en voltigeant au-dessus des débris, yeux injectés de sang et déversant mon maléfique caractère de ménagère à boutte, ou bien je prenais d’emblée un thé afin d’y voir plus clair. Avec le regard étourdi que m’a projeté ma chatte, le choix s’imposait de lui-même.


Les vertus anti oxydantes du thé, enjolivées par la musique de harpe en fond sonore, j’ai refait une nouvelle planification de la journée. Ce qui m’importait, c’était le désir de marcher, de cuisiner, de ranger et de nettoyer. De bouger dans le plaisir. Pour une rare occasion, je délesterais mon temps d’écriture au profit du feng shui de ma chaumière. Avec les temps chaud et humide récents, une sensation collante et agglutinante s’est installée, et ma tolérance a atteint sa limite. De plus, j’ai des ados et leurs amis, en croissance accélérée – presque diabolique —, qui réclament de la bouffe à plein temps. J’ai choisi. Pour mieux me consacrer à ma passion par la suite.

J’ai carrément envie d’un twist, aspirateur en main. Exit la harpe.



mardi 20 juillet 2010

Petite et grande séduction

Je me suis réveillée avec des images du "Bas-du-fleuve", déjà vécues, et d’autres inspirées de photos ou de films, comme par exemple, La grande séduction. Charmée par les grandes étendues, j’avais déjà trouvé le titre de mon billet du matin. Une journée sous le thème de la séduction, petite ou grande. Et quoi de mieux pour nous séduire? Vous avez deviné qu’il s’agit de bouffe, bouquins et gourmandises.

On amorce la journée par l’écriture, dans notre journal, notre premier contact avec soi : les pages du matin,  selon l’approche de Julia Cameron. Déjà, on est branché sur la vie qui palpite à l’intérieur, ce qui facilite la prise de notre place dans le Monde. Au menu, j’ajoute une promenade dans un parc, un sentier en forêt, ou tout autre endroit qui éclabousse de la beauté dans nos yeux .

Au retour, un smoothie aux bleuets et amandes sera un fournisseur d'énergie hors pair. Voici une recette revue et corrigée, inspirée de la revue Châtelaine du mois d’août. Pour 2 personnes.

1 1/2 tasse de lait de riz, ou d’amandes
1/2 tasse de mangue
1/2 tasse de bleuets
1/2 tasse de fraises tranchées (ou plus ou moins du même fruit)
¼ tasse d’amandes tranchées
1 c. à soupe de sirop d'agave ou d’érable pur
1/2 c. à thé de cardamome (facultatif)

Mettez le tout au mélangeur et installez-vous dans votre endroit favori pour déguster.

Pour le lunch du dîner? Une salade de betteraves rôties– rouges et jaunes- rocquette ou autre laitue, noix de Grenoble légèrement rôties , miettes de chèvre frais (si désiré), huile d'olive & moutarde de Dijon & vinaigre balsamique blanc &  ciboulette fraîche. Cette recette est inspirée du chef Danny St Pierre (que j'ai osé retoucher, quel affront!)


Suggestions de bouquins inspirants :
  • Concerto à la mémoire d'un ange, Éric-Emmanuel Schimth, Albin-Michel, 2010
  • Victoria et les Staveney, Doris Lessing, Flammarion, 2010
  • Cherche auteur désespérément, Debra Ginsberg, Presse de la Cité, 2008
  • Mais que lit Stephen Harper, XYZ éditeur, 2009
Pour ma séduction de fin de journée, je souhaite savourer une salade tiède de truite-arc-en-ciel, aussi dénichée dans la revue Châtelaine du mois. Vous la trouverez sur le site. Pensez haricots verts, patates grelots, tomates cerises, à déposer sur la laitue, ainsi que le filet de poisson. Je salive déjà.

Ne pas oublier le rituel du thé, chaud ou froid, pendant l'après-midi.

Bonne séduction!

lundi 19 juillet 2010

Un sentier de pétales de roses

Ce week-end, des brèches se sont ouvertes sous le ciel de l’amour. On aurait dit un mélange gracieux d’ Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies, avec Derniers fragments d’un long voyage. Deux des merveilleux livres de Christiane Singer qui m’ont habitée lors du mariage de Ingrid et Jean-Jacques ainsi qu’à la cérémonie des adieux de Gilberte, la mère de Ginette. Deux célébrations, deux moments charnières dans notre traversée sur la planète.


Il y avait de l’amplitude dans ces sentiments à ciel ouvert. Sous le décor champêtre du mariage, le couple a osé l’engagement, se promettant d’être ensemble dans les circonstances abyssales et de contribuer à l’expansion des trésors de l’autre. Des larmes de joie, d’amour et de tendresse ruisselaient sous les paroles musicales roses de Piaf. Les symboliques du nouveau départ à deux, fougueux en projets, ramènent à quelque chose d’essentiel dans notre humanité : être entouré, bercé, soutenu, aimé, les yeux lumineux.

Ce qu'on attend de l'être avec qui on vit, c'est qu'il vous maintienne au niveau le plus élevé de vous-même, a dit Virginia Woolf. C'est ce que se sont promis Ingrid et Jean-Jacques, sur un plateau magique de mignardises d'allégresse.

Marcher au bras de son prince et de sa princesse du cœur et de l’âme, en toute verticalité, est une aspiration ancestrale, et cela rend l’événement des plus festif. Construire et écrire une histoire d’amour, avec des plumes de liberté, d’extase et de rêves, tout cela en brillance, être repus de délices et de vin, pour ensuite prendre son envol. La vie, telle une odyssée.

Je suis privilégiée d’avoir vécu de si beaux moments, de si beaux entretiens, avec de si belles personnes.

Aux deux endroits, des pétales de roses éclairaient le sentier.

Aux deux endroits, des étincelles de bénédiction.

Aux deux endroits, le chapiteau est désormais vide.

Ils ont retrouvé ce matin leur nouvelle maison.

jeudi 15 juillet 2010

Don't Worry Be Happy!

Quand vient le moment de réaliser un projet ficelé dans le tiroir, cette chose qu'on a tant espéré, rêvé, caressé, il n'est pas rare que la peur s'emballe dans nos gestes et nos prises de décision. Inconsciemment ou non, on sabote, on recule, on discrédite ce dessein, et dix milles occasions entravent alors l'élan. Experts dans les détours, nous ressemblons aux routes du Québec chaussées de cônes oranges. Pas aujourd'hui, demain je m'y mettrai, est la phrase-clé du syndrome.

Nous savons pourtant. Tout notre être possède l'intelligence intuitive et primitive de cette connaissance, au fond de nos entrailles, nous dictant que par cette réalisation, nous aurons le privilège de contribuer au bien-être de l'Autre, car le geste créateur est propice à une énergie lumineuse et bienveillante. Ce mouvement irradie.

Vint un temps où le risque de rester à l'étroit dans un bourgeon
était plus douloureux que le risque d'éclore. Anaïs Nin

Le temps des excuses et des justifications est révolu. L'été venu, l'éclosion est réclamée. Aujourd'hui, je fais offrande au monde, tel un gage d'amour, d'un pas osé vers cette aspiration qui zèbre mon énergie. Je compose avec mes peurs, sachant qu'elles camouflent toujours des désirs, je les insère dans mon extracteur à jus pour en extraire le nectar de l'accomplissement. Je vous invite à la dégustation.
Be happy!

mardi 13 juillet 2010

Le dernier vol

 Au moment où j’écris ces quelques lignes, mon amie Ginette accompagne sa maman vers la grande destination, celle de l’au-delà. Cette traversée est laborieuse, douloureuse, désespérante, quoique vivante. L’annonce pour l’embarquement, lorsqu’il s’agit du dernier vol, nous enlace dans l’attachement, les souvenirs, la fin d’un livre où les histoires s’amalgament.


Cette peine qui éclabousse tout sur le passage du vivant exacerbe notre devenir. Être là, entièrement là, dans l’instant présent, avec un être cher qui quitte son enveloppe, n’arborera jamais autant de contenance, de puissance, que si l’on détient la force et la capacité de « porter » cette intensité. En laissant gicler tout cet amour, en le dévoilant avec la véracité des mots, on ne reviendra jamais identique dans notre espace terrestre. La Vie se couronnera nécessairement d’une autre couleur, d’une autre texture, d’une forme nouvelle.

On a beau aimer le monde où on habite, rendre les armes, malgré le frôlement d’un sombre ravin, trace le passage vers la splendeur divine. Nous ne sommes que des vivants qui voyagent entre les mondes. Ta mère foulera le sol d’un monde neuf.

Mon amie, que la paix et la grâce vous entourent, toi et ta maman. Tu l’as guidée et escortée pour l’embarquement du dernier vol, sois assurée que ton père et les anges l’accueilleront lors du débarquement vers la Lumière. Le Ciel lui sourit.

Avec tout mon amour, je suis à tes côtés.