vendredi 30 avril 2010

Le bonheur, même en exil

Voici un extrait du film Dakinis: le féminin de la sagesse, qui clôturera la thématique du bonheur de cette dernière semaine du mois d'avril.

Il s'agit d'une journaliste partie à la rencontre de femmes vivant au Népal et dans l’Etat indien du Sikkim, qui ont choisi, avec force et détermination, leur rôle dans la société. Leur seul souci est de soulager la souffrance d’autrui. Elles ont pour armes la foi, l’amour et la compassion. Grâce à l’enseignement bouddhiste, elles ont appris à effacer leur ego et se mettent dorénavant au service des plus démunis. Certaines ont connu les terribles geôles maoïstes et les tortures mais gardent une confiance inébranlable en l’humanité. Elles oeuvrent aujourd’hui dans des centres pour orphelins ou des cliniques. Certaines Dakinis ont pour seule activité de prier dans les temples pour la paix dans le monde. Plus qu’un voyage, plus qu’une quête, c’est une véritable leçon d’humanité que filme ici Véronique Jannot. Du fin fond de leur exil, les Tibétaines continuent de se battre pour que survive les valeurs de compassion.

Ces femmes décrivent cet état d'être comme le principe féminin de l'éveil. "Nous regardons la vie autrement. Nous disons: le passé est passé. Demain s'occupera de lui-même en temps voulu. Faisons d'aujourd'hui le meilleur que nous pouvons. En vivant comme cela, on ne peut être déprimé.(...) Tout ce qu'on fait n'est pas pour soi, mais pour les autres. C'est le chemin de la compassion."

Les Dakinis intervewées ont un regard profond de sérénité et d'accomplissement, qui nous invite avec allégresse à revisiter nos choix, nos valeurs et nos perceptions au regard du bonheur. Elles ne possèdent rien et considèrent que leur vie est un privilège.

Aujourd'hui, je ferai la révérence au soleil, je remercierai la vie avec gratitude pour tout ce qu'elle m'offre, ces milliers de petites choses qui, sans une conscience aiguisée, passeraient inaperçues. 
C'est la grâce que je nous souhaite.


DAKINIS, LE FEMININ DE LA SAGESSE - BANDE ANNONCE
envoyé par stephanie_arnoud. - Regardez des web séries et des films.

jeudi 29 avril 2010

La couleur rime avec bonheur

J'ai une contracture musculaire douloureuse du cou qui affecte principalement le muscle sterno-cléido-mastoïdien, ainsi que le trapèze, bref, un torticolis, suite provoquée par les tests d'amplitude hard du rhumatologue. Bravo!
Je suis entièrement de noir vêtue, et je fixe le calendrier. Mon bureau sniffe l'encens, à moins que ce ne soit l'huile essentielle de lavande, mère réparatrice de tous les maux. Il apparaît que le mois d'avril s'est faufilé entre mes écrits, mes projets et mes dates de tombée. Dans la quête du zen, j'ai épinglé sur mon babillard une photo évocatrice. Lorsque je perds les pédales dans le futur composé, je respire en la regardant.

J'ai testé le coffret Méditations  pour mieux vivre, guidées par Nicole Bordeleau. Selon mes résistances à ne rien planifier pendant plus de quelques minutes, j'avoue que le test est réussi. Ce coffret comprend trois CD, avec des méditations pour calmer l'esprit, pour éliminer la fatigue physique et mentale, pour soulager les douleurs physiques ainsi que pour combattre l'insomnie.  "Il existe en chacun de vous une source inépuisable de calme, de paix et de sérénité", est-il écrit sur la pochette. Sa voix est apaisante, et sa vie est inspirante. Suite à l'annonce d'un diagnostic médical dit irréversible, elle a changé sa vie, s'est consacrée à sa passion du yoga, à la méditation, en s'offrant une qualité de vie rêvée. Et la vie lui rend bien, car la sérénité est sa distinction et la maladie n'est plus dans son répertoire.

Dans un contexte de Vivre sa vie au lieu de la penser, je choisis la couleur. Exit le noir, exit les bobos, terminus. Je vais croquer dans une salade tiède de haricots verts, tomates grelots rouges, lupins jaunes, thon blanc, feta de brebis, et divine huile d'olive provenant d'Espagne. Le tout dans mon bol de bambou rouge. Je ferai de mes trapèzes un tremplin vers le "ici et maintenant", un souffle au goût du bonheur.

mercredi 28 avril 2010

Pratique de chaque instant

J’ai réfléchi au bonheur, hier, live, et, dans un tout autre ordre d’idées, bassement terre-à-terre, je crois que le bonheur existe lorsqu’on quitte l’entre-deux : entre deux brassées de lessive, entre deux garde-robes, entre deux saisons, entre deux années budgétaires, entre deux réunions de parents, entre deux repas, entre deux épisodes inflammatoires. L’entre-deux, c’est un concept médical, qui gravite dans l’alcôve de nos vénérables spécialistes, grisés par une vie à la vitesse "grand V", et empêtrés dans une forêt de fatalités. La « patiente », remplie d’espoir, exprime le bien-être du moment, raconte la métamorphose depuis qu’elle a modifié son alimentation. Le médecin fait les gros yeux, regarde les résultats des examens dans le dossier, fait l’aller-retour entre elle et les chiffres éloquents, et s’empresse de discourir sa théorie, au cas où le bonheur gagnerait du terrain. Il assure que ce mieux-être n’est que passager, que l’alimentation n’a absolument rien à y voir, et que, tôt ou tard, la douleur reviendra, car c’est chronique. (et non seulement dans la région sacro-iliaque, mais s’annexera aussi des douleurs dans la région cervicale, car c’est toujours ainsi). Il n’y a rien à faire, sauf soulager par la médication. « De plus, nous rappelle-t-il, un jour ou l’autre, nous mourrons ». Wow! J’ai failli l’engager comme conférencier sur le bonheur…


C’est une scène véridique, tournée hier, pendant la tempête, dans un hôpital universitaire, promis à un grand avenir. Et j’ai failli sombrer dans la torpeur, quoique un peu quand même. Croyez-le ou non, je me suis réveillée ce matin ankylosée, peine à bouger. N’est-ce pas assez puissant les suggestions? Je n’étais plus dans le moment présent, mais dans l’anticipation d’un épisode inflammatoire, et mon cerveau droit, full innocent, n’est pas en mesure de faire la différence entre le réel et l’imaginaire. Donc, en entendant ces propos (diffamatoires sur ma santé), je vivais déjà dans les douleurs futures, et mon corps a exactement mis en branle le processus. Fascinant!
À choisir entre entendre distiller d’obscurs pronostics d’avenir, faire amerrir un Boeing 747 en panne de tous ces réacteurs me semble un jeu d’enfant, un pur plaisir.

Il n’y a pas d’autres issues que de se centrer sur le moment présent. Le défi est grand, laborieux, exigeant, éprouvant, entrecoupé de rechutes. « Quand l’existence se complique, quand on se sent submergé, envahi par une impression de confusion, le mieux est encore de prendre du recul, de s’accorder le temps de réfléchir et de se remettre en mémoire l’objectif d’ensemble : qu’est-ce qui va véritablement m’apporter du bonheur? » Dalaï-Lama, L’art du bonheur.

Où vais-je mettre le focus? Sur le festival des catastrophes potentielles ou sur le « ici et maintenant »? Il existe un espace propice au bonheur. Je suis libre de choisir.

mardi 27 avril 2010

Le bonheur peut être fabriqué. Vraiment?

Dans cette série sur le bonheur, je suis considérablement motivée à tout mettre en pratique, (Ce sont les conditions internes qui sont garantes du bonheur, a-t-on appris hier, avec Matthieu Ricard) adoptant l’idée bienveillante que tout changement se traduit par un « work in progress ». Jusqu’à ce que je me lève ce matin, sidérée, et enregistre dans mon cerveau la blancheur du décor. Je flairais une vue brouillée. Eh non, il s’agissait de la neige couvrant mes fleurs et mes arbustes, fiers d’être aussi vaillants, blêmes de stupeur.


J’ai atterri, pris un petit déjeuner copieux, question de me remettre du choc, en me remémorant le dîner d’hier, sur la terrasse d’un café; j’admirais la nature effervescente de l’Île des Moulins, ses bernaches, ses canards, ses ados en shorts et tee-shirts. Un air estival de rosé sur les tables, je me questionnais sur la meilleure cure anticellulite à exécuter à toute vapeur, étant donné la jupe à nos trousses. Avouons, dans une pratique incroyable d’aptitude au bonheur, que cette météo nous donne du temps…

En entrant dans la voiture, après l’avoir déneigée (!?!), j’ai constaté que nous avions oublié de fermer le toit ouvrant en revenant du fameux lunch. Sièges immaculés de blanc. Là, ma foi vacille. Je suis parsemée de scènes de soleil, d’eau turquoise et de maillots de bain, d’effluves de crème solaire. J'ai les fesses mouillées et je reçois des gouttelettes d'eau du plafond. Même le majestueux magnolia en fleurs de la rue St-Louis s’avère décontenancé.

Puisqu’il me reste du temps avant mon rendez-vous, je me précipite sous le jet bouillant de la douche, j’écoute Pink Martini à fond la caisse et me prépare un thé vert des grands jours. Et j’écris. Là, à cet instant, je retrouve mon épicentre. La journée sera belle. L’occasion m'est proposée de lire Invisible, de Paul Auster, pendant l’attente chez le médecin. Chaque geste sera unique, chaque respiration vivante. J’accueillerai mes amours pour le souper, et je leur concocterai des filets de truite au cari et gingembre, sur un nid de riz au jasmin, de tomates cerise, accompagnés d’un chutney d’oignons et de mangues. Je récidiverai la cérémonie du thé, même s’il existe un risque de perturber mon sommeil, car la vie est courte, et je ne veux rien manquer. Surtout pas le transfert des vêtements d'hiver dans l'autre garde-robe.

Oui, certaines situations sont préférables. Il est normal d’avoir des préférences pour un type d’avenir plutôt qu’un autre. Mais lorsque ces préférences nous tiraillent trop fort et trop vite, et que nous surestimons la différence des résultats de nos choix, nous sommes en danger. Lorsque notre ambition est maîtrisée, elle nous mène à la joie. (…) Nos désirs et nos inquiétudes sont souvent démesurés, car nous possédons la faculté de fabriquer précisément le bonheur que nous recherchons.
Dan Gilbert, Ph.D en psychologie, professeur à Harvard.

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lundi 26 avril 2010

Matthieu Ricard: les habitudes du bonheur

"Nous avons un désir profond et intime de bien-être", dit Matthieu Ricard, l'homme le plus heureux du monde, d'après les tests d'imagerie par résonance magnétique (IRM) révélés dans la plus récente recherche internationale sur les effets de la méditation sur la santé.

Personne ne se lève le matin en déclarant : « Wow, je veux souffrir aujourd’hui ». Nous vivons tous en quête de bonheur. Mais nous tenons à notre souffrance parce que nous aimons quand elle s’arrête un moment. C’est un fonctionnement acquis.


D’après ce moine bouddhiste, nous confondons plaisir et bonheur. Les plaisirs sont éphémères, les choses s’usent, contrairement à un état intérieur de bien-être qui ne s’éclipse pas selon les événements du quotidien, le bien-être se définissant comme une profonde sensation de sérénité et d’accomplissement personnel.

En visionnant cette vidéo, j’étais abasourdie. Si simplissime. Si évident. C’est même contagieux, en sa présence, de s’installer sur notre coussin de méditation, et de s’y abonner à vie. Le rêve! Cessez de mettre le focus sur des balivernes, de désirer se transformer en Sarah Jessica Parker, d’habiter dans une maison autonettoyante, avec un sentier de pétales de roses menant à sa chambre, arrêtez d’être ficelé dans les tâches à effectuer avant de profiter du moment présent.

Bref, on se situe loin de la poursuite effrénée d’objets à acquérir, des listes à réaliser, des gadgets promettant le paradis, qui, sans eux, l’apocalypse.

Scène : un grand maître devant un troupeau d’adolescents, branchés sur leur iPod, leur téléphone portable, dans le capharnaüm de leur bunker (ou caverne, c’est selon), grisés par la pizza et des Red Bull (ou autre, c’est selon). Que leur diriez-vous, donc? demande un père frustré, dépassé par la situation, croyant le prendre au dépourvu dans sa vision de la vie (irréaliste, s’entend).

J’imagine qu’il nous répondrait que c’est nous qui les avons éduqués, nous qui avons abdiqué au regard de la publicité et des pressions sociales de consommation, nous qui avons choisi les compétences transversales et les réformes scolaires infinies (notre solution étant toujours à l’extérieur, dans l’Ailleurs). Que nous avons priorisé le travail – il fallait bien payer toutes ces choses -, avons misé sur les REER et les placements -il fallait bien penser à l'avenir- et que nos enfants sont branchés sur la télévision et les ordis parce que leurs parents sont trop occupés, ils ont leur vie à vivre, après tout!

Je crois profondément que tout s’acquiert, le bonheur y compris. Nous avons été capables d'intégrer la sensation de ne jamais nous sentir à la hauteur, de jalouser la réussite de l’autre – surtout s’il est québécois -, de valoriser la compétition à outrance, "le héros ou le zéro", d'oser dire d'un itinérant que s’il est réduit à vivre dans la rue, c’est son problème, y' avait beau aller à l’école. Nous avons appris à lire de la poésie ou des graffitis.

Nous pouvons désormais tendre vers la compassion, la gentillesse et la bienveillance. Nous pouvons choisir d’apprendre ce que nous voulons, entre autres que le bonheur est issu des conditions intérieures, et non de l’environnement extérieur. Ouf!

Que choisissons-nous d’assimiler, à partir de maintenant?

En visionnant la vidéo, vous pouvez sélectionner le sous-titre en français.