mercredi 22 décembre 2010

Un nouveau NIP pour 2011

L'année 2010 a été bien remplie, voire dodue. Elle m'a secouée dans mes retranchements d'exigences, mes deuils au regard de la perfection, de ma quête d'ubiquité. Ma perception de la guérison n'est pas la même que celle du dictionnaire de la vie, ce qui a provoqué quelques disputes entre nous. Je me suis donc fiancée à mon humanité et, par la force des choses, j'évalue les gestes du quotidien à partir d'un nouveau registre. Tout ce bonheur à être enfin rentrée chez-moi, à vivre ces joies si toniques qu'elles sont quaisi indescriptibles, malgré l'absence de marqueurs sociaux et financiers. J'aime la vie et la vie m'aime...

Le temps d'une pause est venue. Le tablier accroché au cou, je cuisinerai aujourd'hui et demain pour cette belle marmaille affamée. Nous jouerons, rierons, dégusterons et chanterons la joie des célébrations du réveillon. Nous aimons encore les surprises, donc certaines gâteries sont en cours. J'en profite à plein, car les enfants grandissent à  la vitesse grand V, et la vie est si courte...

Pour 2011, je souhaite à chacun de nous un nouveau NIP, soit une nouvelle identification personnelle,qui correspond à l'image de ce que nous sommes vraiment, qui fait écho à nos vraies aspirations, nos goûts, nos rêves, notre rythme. Cette permission engendre des découvertes sur soi, et par ricochet, une liberté incommensurable. C'est la grâce que je nous souhaite.

On se retrouve en 2011. Merci de m'avoir accompagnée dans cette lumineuse et sinueuse route vers mon accomplissement.

mardi 21 décembre 2010

Déjà, sous le sapin

Voilà un premier cadeau artistique dédié à papa et maman. Des frissons de beauté pour le coeur, les yeux et les oreilles. Andrea Bocelli et Hayley Westenra, touchants de splendeur terrestre, dans un clip découvert par un lecteur de Josée Blanchette.


Sous le sapin, déjà, trônent des livres, ces cadeaux par excellence, pour des heures de bonheur garanti.
Juste à la pensée de lire au coin du feu, en pyjama, sans contraintes de temps, je suis déjà enchantée. Si j’apprenais que je ne peux disposer de cette élasticité temporelle - composée à 70% de lycra et du reste en flanelle - qui me permet de m’évader dans la lecture, je crois être prompte à offrir mon NIP à n’importe quelle agence de voyages, afin de prendre un vol vers une destination littéraire.
Bas de Noël 2010, pour les quatre enfants

Mes livres pour cette période bénite:

Sagesse au coin du feu, 80 histoires pour guérir et se réconcilier avec soi-même, de Dr Rachel Naomi Remen. À lire, à offrir, à respirer, à relire. Un vrai cadeau du ciel.

Revenir de loin, de Marie Laberge. Ce sera une raison de sauter du lit le lendemain des festivités de Noël.

À deux pas de l’or, changez vos obstacles en opportunités, de Sharon L. Letcher et Greg S. Reid. De la lignée de la psychologie positive.

L’année de la pensée magique, de Joan Didion. Suite au décès subit de son mari, cette auteure raconte sa rédemption par la littérature. Best-seller encensé par la critique et couronné par le National Book Award.

C’est beau la vie, de Christine Michaud. Animatrice et chroniqueuse littéraire, elle nous partage son expérience enrichissante vers une vie rêvée.

Au cœur de la compassion, de Dilgo Khyentsé Rinpoché, portant sur le bouddhisme.

Les Anonymes, de R.J. Ellory, éditions Sonatine, le thriller de l’année, dit-on.

Et celui que j’aimerais m’offrir : Contes de Noël, recueil de nouvelles du XIX e siècle, de Maupassant , Alphonse Daudet, contes d’Anderson, l’histoire de Scrooge et de Dickens, pour ne nommer que ceux-là. (J’imagine naïvement lire ces histoires à mes ados, entre deux branchements de iPod et d'ordi). Ce livre est rempli d’enluminures, de gravures et d’illustrations anciennes, de quoi retrouver notre cœur d’enfant ayant vécu à l’époque victorienne.
Il y a aussi les livres culinaires demandés au Père Noël:
Cuisine végétalienne des grands chefs, Linda Long
Les Règles d'une saine alimentation, Michael Pollan

lundi 20 décembre 2010

Des rituels qui font du bien

Nous sommes dimanche, le dernier avant les réjouissances de Noël 2010. En pyjama, je suis installée à la table de la cuisine, enveloppée de cette blancheur hivernale. Les voisins arrière ont conspiré afin que tous les revêtements s’harmonisent au décor, grâce à leurs crépis blancs. Les arbres dénudés laissent tout l’espace obligé pour cette saison, sauf les conifères qui panachent de leurs lourdes branches de neige ouatée.
Pendant ce moment de contemplation, je songe à la jungle des centres commerciaux. Encore plus heureuse d’être chez moi, à cuisiner, lire et écrire avec mon portable, à la table, à deux bouchées du pain aux bleuets et amandes. La cuisine, cette pièce fétiche, tel un symbole de rassemblement. Au fil des années, bien au-delà des changements de mœurs, c’est du pareil au même : c’est de cette précieuse denrée qu’on a besoin. Les humains détiennent toujours les gênes réclamant solidarité, partage, affection, joies animées autour de la table. Ceci étant dit, ce peut être tout aussi grisant se ruer dans les magasins pour concocter des achats qui feront plaisir aux êtres chers. Pourquoi pas? Qui suis-je pour juger de la valeur des gestes affectueux?

Ici, c’est la journée thématique des tourtières et des biscuits au fromage à la crème et aux pacanes, les préférés des enfants. Dès cet après-midi, notre rituel de décembre sera honoré, soit écouter des films de Noël, chocolat chaud -ou thé vert- et cookies plein le « gosier». Miracle sur  la 34e rue, notre classique. Ensuite, ce sera Casablanca. En soirée, on termine par un film de filles, Les vacances. Si le bonheur avait un lieu et un temps, il serait chez nous, là, sur le canapé avec nos doudous. Réunis. Je suis profondément heureuse de croire encore au Père Noël.

vendredi 17 décembre 2010

Du bonheur au menu

Ma journée d'hier m'a réconciliée avec les rues enneigées de Montréal. Vrai de vrai, certaines petites rues du Plateau sont - encore - enrobées de voitures coincées sous la neige, stationnées en verticale, en perpendiculaire, en trapèze, la débrouillardise rendant créatif. On circule en prenant une grande respiration, espérant qu'aucune porte ne s'ouvrira par surprise.

Je suis enfin allée savourer le menu du Resto-bar Zéro 8, situé au 1735 St-Denis. Pour tous les éclopés du gluten, et de sept autres aliments allergènes fréquents (oeufs, poissons et fruits de mer, lait, noix, arachide) , c'est un paradis. Enfin un endroit où on ne se sent pas un extra-terrestre avec notre commande. C'est vachement reposant. Ne vous méprenez pas, c'est un pur délice. Ils offrent même des plats congelés à apporter et certaines épiceries ont emballé leur frigo de leurs produits.

J'ai plongé dans les antres de ma librairie de l'avenue du Parc. Mon chéri m'a extirpée de là, j'y serais encore. Il y a tellement d'objets de convoitise, qu'il ne manque que des plats à apporter lorsqu'on a trop flâné.

Deux autres cafés à découvrir pendant les vacances de Noël, suggéré dans La Presse d'aujourd'hui:

Birks café, du chef Jérôme Ferrer, dans la célébrissime bijouterie de la grande Catherine. Plus classe que ça, tu t'étouffes dans ton thé. Au 1240, square Phillips. 514.397-2468

Café Névé, un des meilleurs cafés en ville, à ce qu'on en dit. Le pain aux bananes sort du four et vous attend. Je vais alller faire de l'espionnage industriel et en concocter une version faite avec de la farine de riz. Il a pignon sur rue au 151, rue Rachel est.514.903.9294


Avec ces nouvelles adresses sous le sapin, je crois que ce sont les endroits destinés à clôturer mon année de blogue et faire des choix pour 2011. L'horloge des choix commence à tictacter. Femme de parole, mes personnages frappent à la porte. Je les avais pourtant invités. Mais là, étonnamment, le porche n'est pas éclairé. Enfants, nos parents nous apprennent à ne pas répondre aux inconnus, et, un jour, on oublie que nous sommes devenus grands, qu'on peut éclairer notre entrée et accueillir nos invités. 

mardi 14 décembre 2010

L’effet « bombe » du sucre

J’ai fait ma première fournée de « Noël », histoire de faire des tests avant que mon amie débarque avec son équipement culinaire et qu’elle soit désenchantée à tout jamais du beurre et du cacao. Ça sentait le bonheur jusqu’à l’entrée de la maison. J’ai déposé gracieusement le résultat sur mes plateaux à trois étages : les bonshommes, les cannes, les sapins et les étoiles brillaient de tous leurs sucres et calories vides.

Le temps que je m'installe au clavier, les ados se sont projetés sur les biscuits et le coulis qui devait napper le gâteau aux canneberges vanté par « Deux folles et un fouet ».
Je croyais revivre une scène de déjà vue, lorsqu’ils étaient petits, en devenant monstrueux d‘agitation et excités comme des puces. La musique — ou plutôt le son provoqué par leur poste de radio préféré — à plein régime, les courses au sous-sol, les accrochages de bas étage, j'en étais estomaquée.

Ils me criaient (pour se faire entendre au-dessus du vacarme) que la vie était magnifique, que c’était le plus bel accueil qu’on pouvait rêver en rentrant chez soi, la bouche pleine de cookies qu’ils avaient subtilisés. Un tableau pathétique. J’étais à préparer des pâtes sans gluten, avec une sauce courge et pesto. L’appétit s'était évidemment envolé dans les sablés. L’effet du sucre, à tous âges : une bombe!

J’ai utilisé les méthodes d’antan. On s’assoit pour admirer le sapin. On respire, tout en buvant de l’eau. Discussion sur les travaux et examens de la semaine restante (voire le changement de rythme subtil). Un brin recentrant. Leur ai parlé des résultats des élèves québécois de 15 ans, dans le cadre du programme international PISA, suite à leur « réforme » (j’ai deux enfants réformés sur trois). Pas si mal, les jeunes. On score un peu moins qu’avant, je leur dis, mais tout de même dans les tops 5 ou 10 pour les trois matières évaluées : la lecture, les mathématiques et les sciences.

- Comme ça, tu vas arrêter de critiquer que je ne lis pas assez? De claironner le benjamin.

- Si tu peux me parler de l’histoire Les habits neufs de l’empereur, un conte d’Anderson, nous prendrons une trêve. Un journaliste de La Presse soulignait l’indignation des enseignants au regard du manque de culture des jeunes. Ils se questionnent à savoir si vous êtes une génération qui va s'incliner devant les rois.

- Quel roi? Charest n’est pas roi!

- ?!?

- J'ai vraiment aimé Amos d’Aragon, mais je ne me souviens plus de l’empereur. Es-tu certaine de me l'avoir raconté???


Bon, c’est moi qui prends une pause parentale. Je lirai L’année de la pensée magique pendant les Fêtes, de l’américaine Joan Didion. Elle parle de l’importance des livres lorsque tout bascule. Mon W n’adore pas la lecture et malgré les entourloupettes, la lecture au lit, dans l’auto, en cuisinant, dans le bain, en lotus, pendant son sommeil, je n’y suis pas arrivée. Il n’a pas cette passion qui vous empoigne le cœur et cette fréquentation subtile avec des personnages tellement imaginaires qu’ils vous habitent à tout jamais, une fois le livre fermé.

Mon plateau à trois étages est vide. Je suis prête pour la prochaine fournée.